C’était le jeudi 14 mai 1996, je courais dans la rue sous la pluie et l’orage. J’étais énervée. Aujourd’hui ça fait un mois que mon père est mort et vous savez ce que ma mère fait ? Elle est en train de s’amuser en discothèque avec ses amis. Cela me répugnait et me rendait malheureuse.
Je me suis rendue au bar au coin de la rue, je suis rentrée et je me suis assise. J’ai bu plusieurs verres de vodka puis je suis sortie. C’est à cet instant là que je vis mon père en face de moi, je n’en revenais pas, je pleurai.
Mon père m’a dit de ne pas pleurer. Je n'ai pas pu m’empêcher de crier que c’était impossible. Mon père me secoua et me tendit un morceau de papier sur lequel était marqué un lieu de rendez-vous : Maison 9 Avenue de la mort à minuit. Ma mère m’avait fortement déconseillé d’y aller. Mais de toute façon si je meurs qui pleurerai pour moi ?
Personne. Sauf peut–être ma mère et encore pour trois jours, puis elle irait faire la fête comme elle l’a fait pour mon père !
Alors je décidais d’y aller. Il était 23h30, je marchais sous la pluie vers l’adresse indiquée. Les rues défilaient devant moi. Enfin je trouvais l’avenue de la mort.
Je commençai à m’avancer en tremblant. Il y avait de l’orage, du brouillard et beaucoup de pluie. Les lampadaires s’éteignaient, se rallumaient et le froid régnait. J’avançais tout doucement à cause du brouillard puis tout d’un coup j’entendis un bruit sourd alors je sursautai.
Je continuai à marcher et c’est là que je vis un arbre qui avait été foudroyé, je me suis dit que le bruit que j’avais entendu était sûrement l’arbre qui était tombé sur le sol. Je me remis à avancer, je regardais le numéro des maisons : sept, huit, puis dix, onze, soudain je remarquai que j’avais loupé la maison 9 , je revins donc sur mes pas : onze, dix, huit mais toujours pas de numéro 9.
J’ai donc continué, de nouveau, un bruit apparu moins brutal que la dernière fois cependant, il se répéta à plusieurs reprises. Prise de peur je courus et arrivai au fond de la rue. Là j’ai perçu la voix de mon père, je traversais le jardin de la maison treize et j’atterris devant une vieille église. Le premier coup de minuit sonna, le deuxième, le troisième jusqu’au douzième. Mon père me rappela, je me suis retournée et je l'ai vu en haut du clocher : il sauta en criant je t’aime ma petite Alice. Je fondis en larme. Je sentis quelqu’un me taper sur l’épaule, je me retournai tout doucement et dit papa ? Mais non c’était le barman qui me réveillait et dit :
- Petite ça va ?
- Euh... oui
- Vous êtes sortie de mon bar, vous avez sorti une photo puis vous vous êtes effondrée car vous aviez trop bu.
Je me suis levée encore choquée. Quelques gouttes de larmes coulaient sur mon visage en voyant la photo de mon père que j’avais dans les mains. Je la serrai contre moi.
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