mercredi 18 juin 2008

Histoire de fantômes

Hémie s'approcha de l'éboulement interloquée, ceux-ci étant très rares sur ce versant. Elle remarqua quelques feuillets épars, puis s'écarta brusquement, décelant une chaussure dans les débris. Il y avais un cadavre la dessous... La jeune femme appela les secours et ramassa les papiers qui trainaient, curieuse de connaître le sort de ce malheureux. Les secours arrivèrent plus vite que prévu et elle du remettre à plus tard ses investigation.

Le soir même, assise devant la cheminée, elle reconstitua le carnet du mystérieux inconnu, puis commença la lecture:
« Je m'appelle Nathan, 17 ans. J'écris ce journal pour ne pas mourir seul, sans que personne ne sache ce qui m'est arrivé. J'ai peur... Un éboulement m'a pris au piège dans cette prison de roche. J'ai froid... Les nuits sont rudes à 3600 mètres d'altitude. Il ne faut pas que je m'endorme, c'est aussi la raison d'être de ce journal. J'entends des bruits dehors, comme des hululements. C'est sans doute le vent. J'ai entendu dire qu'il y avait eu de nombreux suicides sur le Nid d'Aigle, et leurs fantômes roderaient sur la voie ferrée. Celle la même sur laquelle je suis assis. C'est impossible n'est ce pas?
Une espèce de brouillard emplit ma cellule, ma raison est paralysée. J'entends, je crois entendre des plaintes, des sons lugubres. Je ne vois rien, mis à part le rayon de lune qui me permet d'écrire. Sous mes doigts roulent les graviers de l'ancienne voie ferrée; le métal me gèle les phalanges. Mon sang glacé se propage dans tout mon corps. Je tremble. Je ne dois pas dormir, il faut que je m'active, il le faut! »

Il manquait un feuillet au journal reconstitué, Hémie ne l'avait peut être pas vu dans les décombres. L'histoire de Nathan reprenait ainsi, et l'écriture n'était plus aussi posée qu'elle l'avait été:
« Ils me poursuivent! J'ai couru aussi vite que possible sur la voie ferrée pour me mettre à l'abri. Ce n'est que temporaire: ils me sentent, ils sentent l'odeur de la peau. Ils me font peur, ils me font peur, ils sont terrifiants. J'entends des craquements dans la roches, c'est la fin! Ils m'ont retrouvé! »

Le récit s'arrêtait la ; Hémie releva la tête, elle était en sueur. Le feu était éteint, une légère fumée s'en échappait. Le lendemain, elle alla au travail, puis le soir se rendit sur les lieux de l'incident. Le corps était recouvert d'une bâche. Hémie remarqua un petit tas de cendres non loin, restes de ce qui avait peut-être été une feuille de papier. Elle appris par les policiers que de grosses fissures étaient apparues sur ce site peu de temps auparavant. Ces fissures avaient été recensées, mais les géologues dépêchés sur places les avaient jugées inoffensives.

Malgré les mises en garde des gendarmes, Hémie s'aventura sur la voie ferrée menant au Nid d'Aigle. Peu à peu, elle se mit à entendre des bruits, des suppliques... surement le vent se dit-elle. Un étrange cri lui glaça le sang. Par ailleurs, il faisait froid, très froid... Une forme dans le lointain se rapprochait d'elle, suivie bientôt par une multitude d'autres.

Le matin suivant, un passant découvrait un étrange carnet sous un éboulement de pierre. On ne sut jamais ce qu'étaient advenus Nathan et Hémie.


1 commentaire:

Planque a dit…

BRAVO pour votre blog et pour les nouvelles que vous avez écrites! Je vais les lire toutes! MERCI d'avoir mis un lien vers les nouvelles du site INFINI, un site entièrement consacré à la SF, au Fantastique et à la Fantasy francophones.
Jean-Pierre Planque pour l'association INFINI.